L association du cancer de la prostate avec

L\’association du cancer de la prostate avec la leucémie lymphoïde chronique (LLC) est rare [1–3]. Elle pose le problème de savoir, est ce qu\’il s\’agit d\’une association fortuite ou est ce qu\’elle tient d\’une relation de cause à effet. Nous rapportons une observation exceptionnelle d\’un cancer de la prostate associé à une leucémie lymphoïde chronique (LLC).

Cas clinique
Un patient âgé de 69ans, sans antécédents pathologiques particuliers, a consulté pour une altération de l’état général faite de fièvre prolongée et d\’un amaigrissement non chiffré.
L\’examen clinique retrouvait une pâleur cutanéo-muqueuse, des adénopathies cervicales et axillaires bilatérales (diamètre: 3-4cm), une splénomégalie (débord costal:9cm) et une hépatomégalie (flèche hépatique: 13cm). Il n\’a pas été noté de signes hémorragiques ni infectieux. Le toucher rectal était normal.
L\’hémogrammemontrait un taux d\’hémoglobine à 9g/dl, volume globulaire moyen: 88 fl, concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine: 36,4%, globules blancs: 240150/mm3, lymphocytes: 238630/mm3, polynucléaires neutrophiles: 1020/mm3, plaquettes: 159100/mm3. Le frottis sanguin a objectivé une hyperlymphocytose morphologiquement monotone faite de petits histone methyltransferase matures, avec rapport nucléo-cytoplasmique élevé, un noyau arrondie sans encoche, une chromatine mature mottée, sans nucléole visible, le cytoplasme était réduit bleuté dépourvu de granulations. On notait la présence de cellules altérées réduites à une ombre nucléaire (Fig. 1). L’ immunophénotypage des lymphocytes sanguins a confirmé le diagnostic de LLC de phénotype B: CD5+, CD19+, CD20 faible, CD 23+, FMC 7-, immunoglobulines (Ig) de surface faibles et CD79b faibles (score de Matutes: 5/5) [4].
Le patient était classé stade C de Binet (lymphocytose, hémoglobine <100g/l et/ou plaquettes <100 G/l, indépendamment du nombre d\'aires ganglionnaires atteintes [5]) et traité par chimiothérapie selon le protocole FCR (fludarabine: 40mg/m2 J1 à J3, Cyclophosphamide 250mg/m2 J1 à J3, Rituximab IV: 375mg/m2 J1) pendant six cycles mensuels, associé à une prévention des infections zostériennes et à pneumocystis jiroveci respectivement par aciclovir et triméthoprime-sulfaméthoxazole. A la fin du traitement le patient était en rémission complète. Le dosage de l\'antigène spécifique de prostate (PSA) total, fait avant le toucher rectal, montrait un taux élevé à 1103 ng/ml (normale <3) (Kit PSA Hybritec*). L’échographie prostatique a mis en évidence une prostate de 32g d’échostrusture hétérogène. La biopsie prostatique objectivait un adénocarcinome prostatique peu différencié (score de Gleason: 8). L\'iRM dorso-lombaire montrait des lésions osseuses lombosacrées et iliaques gauches avec épidurite tumorale responsables d\'une compression du film terminal associées à une infiltration tumorale des vertèbres avec discarthrose bi-étagée L1-L2 et L2-L3. (Fig. 2).

Discussion
Il s\’agit d\’une association entre adénocarcinome de la prostate avec métastases osseuses et LLC chez un patient de 69ans. Le diagnostic du cancer de la prostate, effectué par biopsie prostatique, était réalisé 24 mois après celui de la LLC. Le patient était décédé 29 mois après la découverte la LLC.
La leucémie lymphoïde chronique (LLC) est un syndrome lymphoprolifératif caractérisé par la prolifération médullaire d\’un clone lymphocytaire B envahissant secondairement le sang et les organes lymphoïdes [5]. Les atteintes prostatiques au cours de la LLC sont rares [1–3]. Elles peuvent résulter soit d\’une association synchrone avec un cancer de la prostate soit d\’une infiltration prostatique par les cellules leucémiques. Cette dernière éventualité est difficile à écarter, dans notre cas, étant donné que le diagnostic a été réalisé par biopsie prostatique à l\’aiguille (et non sur pièce de résection trans-urétrale) [2,3].